NOUVEAU VISITEUR D2006 - QU'EST-CE QUE OPÉRATION GAREAUTRAIN - RÉTROSPECTIF

 

Évolution et réalisations de l'Opération Gareautrain au Canada

 

L'Opération Gareautrain est un programme unique de partenariat entre les secteurs public et privé qui permet de réduire le nombre de décès et de blessures causés par des incidents aux passages à niveau et à la suite d'intrusions sur les voies. Le programme est unique en raison du succès qu'il a remporté, et il fait tellement partie de la vie des Canadiens que peu se souviennent d'où il origine.

Le programme, qui bénéficie du soutien de l'Association des chemins de fer du Canada et de Transports Canada, est appuyé par les chemins de fer du Canada, les corps policiers, les conseils et ligues de sécurité, la Fraternité des ingénieurs de locomotives, les groupes communautaires et quelque 500 présentateurs bénévoles dans des localités d'un océan à l'autre. Si ce programme n'avait pas existé, on aurait déploré un nombre beaucoup plus élevé de blessures graves et de décès chez les Canadiens.

En 1980, au Canada, on avait enregistré 826 collisions à des passages à niveaux. Selon Roger Cyr, le premier directeur national de l'Opération Gareautrain au Canada, le programme a débuté par une idée et quelques documents de référence obtenus de confrères américains. Voilà pour ainsi dire tous les moyens dont il disposait à l'époque. On lui a accordé un bureau et un classeur puis, un peu plus tard, une adjointe. Et il s'est attelé à la tâche d'établir l'Opération Gareautrain au Canada. Il a réuni des renseignements, il a fait appel à ses connaissances au sein de l'industrie et a noué des liens avec les organismes gouvernementaux.

Petit à petit, l'Opération Gareautrain a pris forme et ses comités provinciaux ont été constitués. Le Conseil canadien de la sécurité et les conseils ou ligues de sécurité de huit provinces en sont devenus des partenaires de premier plan.

En 1981, la Saskatchewan s'est jointe au programme et en 1988, c'était au tour de la Nouvelle-Écosse. À l'origine, le programme poursuivait une seule mission, soit la promotion de la sécurité aux passages à niveau. En 1989, un nouvel aspect s'y est ajouté : la prévention des intrusions sur les voies ferrées.

Un programme de communication visant l'ensemble de la population, des écoliers aux adultes, a été créé afin de diffuser les messages de sécurité de l'Opération. Comment s'y est-on pris? En misant sur une approche à trois volets : la sensibilisation, l'ingénierie et l'application de la loi. On a également établi des partenariats avec divers organismes tels que les corps policiers et les groupes d'ingénieurs.

Pendant 10 ans, Roger a lancé un vaste éventail de programmes de sensibilisation du public tels que les simulations de collision, les journées de la sécurité ferroviaire, les campagnes de publicité extérieure et l'affichage dans les centres commerciaux. Il a également contribué à l'adoption d'une nouvelle signalisation de sécurité pour les croix de Saint-André.

Les résultats se sont avérés très encourageants. Les collisions aux passages à niveau ont reculé de 826 en 1980 à 386 en 1990 et à 279 en 2001. Le nombre de décès a fléchi parallèlement : de 83 en 1980, il est passé à 48 en 1990. En 2001, 41 hommes, femmes et enfants sont décédés à la suite de collisions survenus aux passages à niveau. Quant au nombre de blessés, qui atteignait 435 en 1980, il se situait à 201 en 1990; en 2001, à la suite de l'adoption d'un nouveau système de classement, on comptait encore 47 cas de blessures graves.

En 1991, au terme d'une carrière de 41 ans au CN et d'un mandat de 10 ans au sein de l'Opération Gareautrain, Roger a décidé de prendre sa retraite. Il a été le premier employé de l'Opération. Au moment de son départ, le programme disposait d'un directeur national et d'une adjointe de direction, Karen Jones, qui s'était jointe à l'Opération Gareautrain en 1991.

Ben Levesque, nouvellement retraité du CN et au début de la cinquantaine, est officiellement entré au service de l'Opération Gareautrain le 1er janvier 1992 comme directeur national. Les activités qui avaient été mises en place fonctionnaient très bien. Elles mettaient à contribution des bénévoles, principalement des employés du secteur ferroviaire, des agents de police des chemins de fer, certains corps policiers provinciaux et municipaux, ainsi que les ligues et conseils de sécurité provinciaux.

Il s'agissait d'une fondation solide, qu'il fallait utiliser à bon escient. Or, on venait tout juste de réaliser un sondage à l'échelle canadienne. Ce sondage avait révélé que seulement 11 pour cent des Canadiens avaient entendu parler de l'Opération Gareautrain et de ses messages de sécurité ferroviaire. Il a donc été décidé d'accorder désormais la priorité à la sensibilisation, le premier volet de l'approche globale de l'Opération Gareautrain.

En 1992, le premier programme de " l'agent à bord du train " a été lancé au Canada. En collaboration avec des agents de police du CSX, on a expérimenté pour la première fois cette approche entre Chatham et Sarnia, en Ontario. L'exercice a remporté un vif succès. Cette initiative a bien sensibilisé les forces de l'ordre aux divers problèmes de sécurité.

Vers le milieu des années 1990, M. Levesque a été invité à participer au Program Developement Council (PDC) de l'Operation Lifesaver aux États-Unis (OLI), et on l'avait nommé membre du conseil. C'était là une merveilleuse occasion pour lui d'observer les méthodes utilisées par les confrères américains.

Aux États-Unis, le programme existait depuis les années 1970; il regroupait une foule de bénévoles et de nombreux programmes de sensibilisation. L'une des activités les plus intéressantes était le programme des conférenciers. Ben a donc cru bon de s'en inspirer pour créer un nouvel outil visant à promouvoir la sécurité ferroviaire et à attirer des partenaires.

Très stimulé par ce projet, il a rapporté le matériel américain au Canada, y compris un manuel, une mallette, un chevalet et des feuilles volantes. Il fallait " vendre " l'idée et, en cas de succès, adapter le matériel au contexte canadien.

Pour accomplir ce travail, Ben a formé une équipe comprenant Frank Binder, de la Police du CN; Ric Ladouceur, du service policier du CFCP; Ray Marchand, du Conseil canadien de la sécurité; et finalement, Gary Drouin, de Transports Canada. Après avoir analysé le matériel, les membres de l'équipe ont conclu qu'il s'agissait d'un projet valable.

C'est ainsi que la trousse des conférenciers canadiens a été mise au point. Frank et Ric ont veillé à ce qu'elle soit présentée aux agents de police du CN et du CFCP, et à d'autres bénévoles. À partir de ce moment-là, le programme a pris son envol. Il disposait désormais d'un outil très utile, permettant de livrer un message uniforme dans toutes les régions du pays... un message renforcé par les expériences personnelles que chaque conférencier s'efforçait de communiquer aux écoliers et à l'ensemble de la population.

Les employés syndiqués de première ligne ont toujours soutenu l'Opération Gareautrain. Plusieurs membres de la Fraternité des ingénieurs de locomotives ont participé activement au programme des conférenciers. En insistant, eux aussi, sur leurs expériences personnelles, ils ont su communiquer des messages de sécurité percutants au public.

Grâce à cet outil tangible mis à la disposition des groupes et des personnes intéressés à faire des exposés, le programme des conférenciers a pris une ampleur extraordinaire. Parmi les conférenciers, on comptait des membres du Club Optimiste, des adeptes des chemins de fer, des membres de corps policiers provinciaux, municipaux et fédéraux, des professionnels de la santé et bien sûr, des cheminots, y compris des employés administratifs et des gestionnaires.

La popularité du programme a toutefois suscité un problème pratique : à cette époque, le programme n'avait qu'un seul instructeur en chef, Frank Binder. Il était temps de recruter de nouvelles ressources. Ernie Oliphant, d'OLI aux États-Unis, a répondu à l'appel. Lors de la première séance de formation des formateurs, qui a eu lieu à Calgary, on a ainsi formé 17 instructeurs et conférenciers.

Tandis qu'on élaborait le programme des conférenciers, la Loi sur la sécurité ferroviaire était révisée et de nouvelles recommandations étaient présentées au ministre des Transports. Notamment, on recommandait de réduire de 50 pour cent, d'ici à l'an 2006, le nombre de collisions aux passages à niveau et le nombre d'incidents découlant d'intrusions.

Cela se passait en 1995. Le programme conjoint " Direction 2006 " a été créé afin d'assurer la mise en ouvre de cette recommandation. Transports Canada a invité des spécialistes de la sécurité des chemins de fer à se joindre au partenariat, qui comprenait des représentants des administrations provinciales et municipales, des syndicats des chemins de fer, des conseils de sécurité et des corps policiers.

L'Opération Gareautrain est devenue partenaire du programme, et Ben Levesque a accepté de présider le comité d'éducation. Au fil de l'expansion de l'Opération Gareautrain, la demande de documents éducatifs a connu une hausse substantielle et un site Web a été créé pour accroître la visibilité du programme.

Le programme des conférenciers a continué à évoluer. Aujourd'hui, le programme de " l'agent à bord du train " vise un public plus vaste, incluant les médias et l'appareil judiciaire. En outre, d'importants partenariats ont été établis avec des groupes susceptibles d'influencer les comportements de la population.

L'équipe a aussi produit deux documents d'importance : Directives du programme de présentation et la version canadienne du Guide du présentateur-formateur. Un autre événement marquant s'est produit en 1998. Jusque-là, le programme avait toujours conservé des dossiers sur les conférences effectuées, et demandé aux services de police du CN et du CFCP de tenir ses dirigeants au courant des activités de leurs agents, dans le cadre de l'Opération Gareautrain. Le nombre de rapports augmentant proportionnellement au nombre de conférenciers, il est un jour devenu nécessaire de réexaminer et d'améliorer les méthodes de collecte de l'information.

Ranjan Kelly, un expert de la statistique et des bases de données qui travaillait au Bureau de la sécurité des transports a pris sa retraite et a été engagé pour mettre en place la base de données DOLI permettant à l'Opération Gareautrain de centraliser tous les renseignements utiles sur les collaborateurs, sur les conférences et sur les activités, et d'assurer les suivis nécessaires.

Par la suite, l'Opération Gareautrain a continué à collaborer étroitement avec Direction 2006 pour mettre de nouveaux programmes au point, par exemple le Guide communautaire de prévention de l'intrusion et de nouvelles vidéos, comme celle sur la sécurité destinée aux motoneiges, qui a été produite en collaboration avec OLI (États-Unis).

L'équipe de Direction 2006 prépare également de nouveaux documents et vidéos. Les publications de l'Opération Gareautrain sont aussi en voie de révision. La nouvelle version de " Avez-vous la note de passage? " est presque terminée et d'autres documents suivront.

En 2000, malgré l'intensification de la circulation ferroviaire et routière, et malgré l'augmentation du nombre de réseaux, le nombre de décès et de blessures survenus sur les voies ferrées ont été réduits. Les bénévoles et les partenaires de plusieurs organisations ont fait d'Opération Gareautrain le meilleur programme de sécurité publique au Canada et, par conséquent, ont fait du Canada un pays encore plus sécuritaire.

 

 

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