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L'Opération Gareautrain est parrainée par l'Association
des chemins de fer du Canada et par Transports Canada. Ses
dirigeants travaillent de concert avec le Conseil canadien
de la sécurité, les liques et les conseils provinciaux de
la sécurité ainsi que les services de police et les services
public à mieux sensibiliser la population aux dangers des
passages à niveau et des intrusions sur les propriétés ferroviaires.
Pour rétrospectif,
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L'Opération Gareautrain,
programme de sécurité publique national qui a déjà prouvé éloquemment
son utilité dans la réduction des décès et des blessures attribuables
à des incidents aux passages à niveau et à des violations de la
propriété des chemins de fer, axe actuellement ses efforts sur
la réduction des collisions aux passages à niveau.
Depuis 20 ans, ce programme a contribué à réduire
de 60 pour cent le nombre de collisions aux passages à niveau.
« Nous ne nous reposons pas sur nos lauriers puisqu'il est possible
d'empêcher tous les collisions », soutient le directeur national,
M. Dan Di Tota. « Nous sommes très actifs au sein de Direction
2006, initiative des secteurs public et privé prise de concert
avec Transports Canada et avec d'autres organismes, qui aidera
à réduire encore de 50 pour cent, d'ici 2006, le nombre des décès
et des blessures liées aux collisions aux passages à niveau et
aux intrusions sur les emprises ferroviaires ».
« Nous aimerions que les gens prennent l'habitude de faire preuve
d'une extrême prudence quand ils approchent des passages à niveau,
tout comme ils se sont habitués à porter leur ceinture de sécurité
», ajoute-t-il.
Accélérer pour devancer un train est un sport mortel. « Les
trains ne peuvent s'arrêter rapidement : ils ont besoin pour le
faire d'une distance équivalant à 14 terrains de football. Et
il va sans dire qu'ils ne peuvent dévier de leur route pour éviter
une collision. Dans une large mesure, il appartient aux usagers
de la route de sauver leur vie, celle des membres de leur famille
et celle de leurs amis », poursuit M. Di Tota.
Bon nombre de collisions sont causés par des conducteurs qui
ont mal évalué la vitesse d'un train et qui ont essayé de franchir
la voie ferrée avant l'arrivée de celui-ci. Les gros engins, comme
un gros porteur qui se prépare à atterrir, semblent toujours aller
plus lentement qu'ils ne le font en réalité. « En fait, leur vitesse
réelle est cinq fois supérieure à leur vitesse apparente », déclare
M. Di Tota. « Si vous voyez un train et qu'il vous paraît rouler
à 20 kilomètres à l'heure, il circule en réalité à 100 kilomètres
à l'heure ».
Un autre ratio que chaque conducteur doit connaître : 4 000
à un. Il s'agit du poids d'un train par rapport à celui d'une
automobile. C'est ainsi que, lorsqu'un train heurte une voiture,
c'est comme si celle-ci heurtait une canette de boisson gazeuse.
« Je continue donc à dire aux gens qu'ils pourraient être heurtés
par une autre voiture ou par un camion et survivre à cette collision,
mais qu'avec un train, ils n'auraient pas cette chance », poursuit
M. Di Tota.
Il souligne que ce genre de collision peut se produire en tout
temps, à n'importe quel passage à niveau. « La familiarité endort
la vigilance », précise-t-il. Il fait valoir que la plupart des
collisions à des passages à niveau ont lieu dans un rayon de 40
kilomètres autour du domicile du conducteur ou de la conductrice.
Les gens qui traversent tous les jours les mêmes voies ferrées
en viennent à penser qu'ils savent exactement quand le train va
arriver au passage à niveau. Mais les trains peuvent avoir du
retard ou de l'avance, sans compter qu'un train spécial, supplémentaire
ou dont l'horaire a été modifié risque de s'en venir à vive allure.
Dans ce domaine, on en revient toujours à l'exhortation « Regarder,
écouter et vivre ». Il est devenu plus important d'avoir l'oreille
fine vu que la technologie a rendu les trains moins bruyants.
Bon nombre d'automobilistes ne savent pas que les quatre coups
de sifflet habituels ont pour but de les avertir de s'arrêter
immédiatement s'ils approchent d'un passage à niveau. Comme dans
le cas de la vitesse des trains, les gens peuvent être induits
en erreur par ce sifflet puisqu'il peut leur donner l'impression
que le train est plus loin qu'il ne l'est en réalité.
« Les adultes doivent également comprendre et expliquer à leurs
enfants pourquoi les propriétés ferroviaires sont dangereuses
et, par conséquent, d'accès interdit », reprend M. Di Tota. «
On peut être tenté d'utiliser des voies ferrées et des triages
comme raccourcis, mais cela est très dangereux, sans compter que
c'est illégal », souligne-t-il.
Une personne trouvée coupable d'intrusion sur une propriété
ferroviaire peut faire face à une amende maximum de 10 000 $,
à une peine d'emprisonnement ne dépassant pas un an, ou aux deux.
Les règles s'appliquent non seulement aux piétons mais aussi aux
cyclistes, aux utilisateurs de véhicules tout-terrain, aux adeptes
de la moto tout-terrain et aux skieurs de fond.
En 2001, les collisions aux passages à niveau et les incidents
attribuables à des intrusions ont causé 96 décès, ce qui représente
une augmentation de 12 pour cent par rapport à 2000. Cette augmentation
est principalement due à une augmentation de 24 pour cent des
décès liés à des collisions aux passages à niveau; le nombre de
ces décès est en effet passé de 33 en 2000 à 41 en 2001. Pour
leur part, les blessures graves résultant des collisions à des
passages à niveau et des intrusions sont passées de 56 en 2000
à 69 en 2001.
Il s'est produit 279 collisions à des passages à niveau en 2001,
ce qui représente une augmentation par rapport aux 264 collisions
survenues en 2000. Ce chiffre est toutefois inférieur à la moyenne
de 298 pour les cinq dernières années. Les incidents causés par
des intrusions ont été au nombre de 79 en 2001, ce qui est égal
au chiffre de 2000 mais inférieur à la moyenne de 95 pour les
cinq dernières années, selon les résultats du Bureau de la sécurité
des transports du Canada.
Presque tous les collisions/incidents ont été causés par des
conducteurs ou des piétons qui, par leur faute, se sont trouvés
au mauvais endroit au mauvais moment. L'amélioration constante
de la situation est grandement attribuable à une campagne musclée
de renforcement des règles et de sensibilisation du public.
L'année dernière, le nombre de décès et de blessures sur les
voies ferrées canadiennes est demeuré largement inférieur aux
3 000 décès et aux 240 000 accidents avec blessures survenus sur
les routes dans notre pays, comme chaque année. « Mais cela ne
diminue en rien la gravité d'une perte de vie ni les souffrances
des survivants », déclare M. Di Tota. « Les collisions qui surviennent
à des passages à niveau ne sont certainement pas moins une question
de sécurité routière qu'une question de sécurité ferroviaire,
parce que leur prévention dépend énormément de meilleures habitudes
de conduite des usagers de la route ».
La plupart de ces collisions se produisent à des passages à
niveaux munis de dispositifs de signalisation et, dans environ
le tiers des cas, c'est le véhicule qui vient heurter le flanc
du train. Bon nombre de collisions latérales surviennent la nuit
et mettent en cause des véhicules automobiles qui roulent trop
vite par rapport à la distance éclairée par leurs phares. Mais,
en général, 75 pour cent des collisions qui se produisent à des
passages à niveau ont lieu en plein jour, lorsque la visibilité
est bonne.
Même s'il est un cheminot d'expérience et un mécanicien de locomotive,
M. Di Tota s'étonne encore devant les risques que les conducteurs
sont prêts à courir pour franchir le passage à niveau avant un
train. Ils s'engagent dans une course avec le train, passent sous
les barrières au moment où elles descendent et démarrent en trombe
en faisant fi des signaux d'avertissement dès qu'un train est
passé, pour se faire emboutir par un autre train arrivant en sens
inverse sur une deuxième voie.
Lorsqu'il y a une file de véhicules, ils s'arrêtent sur les
voies ferrées plutôt que de le faire à une certaine distance de
ces dernières, puis ils traversent sans s'être assurés d'abord
qu'une autre voiture ne leur bloque pas le chemin.
M. Di Tota s'étonne particulièrement de la témérité des automobilistes
qui contournent les barrières abaissées.
« Il y a eu un cas où une femme a doublé les cinq voitures qui
étaient arrêtées devant la sienne et a contourné la barrière à
vive allure », raconte-t-il. « Elle était juste à temps pour être
heurtée et tuée par le train qui arrivait ».
Le programme éducatif de l'Opération Gareautrain comprend notamment
la production et la distribution de documents imprimés dans les
écoles, la formation des conducteurs, les relations avec les médias
et des exposés publics dans l'ensemble du pays.
Cinq cent présentateurs de toutes conditions sociales aident
l'Opération Gareautrain à renseigner le public sur la sécurité
ferroviaire. Ils ont à peu près tous vécu au moins une collision
à un passage à niveau puisque ce sont des agents de police, des
cheminots ayant connu l'horreur de collisions mortelles, ou des
gens qui ont été grièvement blessés dans de telles collisions.
L'Opération Gareautrain a remporté énormément de succès grâce
à ses programmes « de l'agent à bord du train » et « des quasi-collisions
». Le premier consiste à demander à un agent d'un service de police
local d'observer les passages à niveau depuis la cabine d'une
locomotive effectuant son trajet habituel. Cet agent communique
par radio avec des collègues circulant dans des voitures de patrouille,
qui prennent en chasse les contrevenants observés à partir du
train, et, selon le cas, leur donnent un avertissement ou une
contravention.
La clé du succès de ce premier programme a été l'obtention du
soutien actif des services de police locaux. Mais la tâche est
complexe. Sur la liaison Toronto-London (Ontario), il a fallu
prendre des dispositions avec 15 corps de police distincts.
Un agent a consigné 25 infractions sur un parcours de 21 milles.
Un autre a fait état de six contrevenants à un seul et unique
passage à niveau. Certains conducteurs ont reçu un avertissement;
d'autres ont été condamnés à une amende allant jusqu'à 132 $,
en plus d'écoper de trois points d'inaptitude.
Le programme des quasi-collisions fait intervenir des employés
des chemins de fer qui communiquent par radio aux régulateurs
de trains le numéro de la plaque d'immatriculation et la description
des véhicules dont les conducteurs se comportent dangereusement
aux passages à niveau. La police des chemins de fer transmet ces
renseignements à la police locale afin qu'elle repère les contrevenants
et prenne les mesures appropriées.
La police ferroviaire inculpe les conducteurs pour des infractions
à des passages à niveau et intente des poursuites pour des intrusions
sur une emprise ferroviaire. La police travaille également sur
le plan de l'éducation du public, transmettant son message de
sécurité à plus de 1,4 million de Canadiens chaque année au cours
de visites dans des écoles et à des groupes communautaires, ainsi
qu'au moyen d'expositions dans des lieux publics.
Elle assure en outre la formation d'agents des polices municipales,
provinciales et fédérale et leur remet des trousses d'information
qu'ils peuvent utiliser à leur tour pour faire passer le message
de sécurité du secteur ferroviaire. L'objectif est à la fois simple
et direct : sauver des vies le long des voies ferrées au Canada.
La Fraternité des ingénieurs de locomotives et ses membres sont
particulièrement actifs dans l'exécution de ce programme. Ils
reconnaissent que les chauffards constituent un danger pour les
employés des chemins de fer, et ils encouragent leurs membres
à participer à des émissions de radio et de télévision locales
pour sensibiliser la population à ce problème. C'est ainsi qu'un
mécanicien de locomotive de l'Ontario a rendu visite à plus de
15 000 élèves de la région de Brockville-Kingston pour les renseigner
sur la sécurité ferroviaire.
« Les 55 membres de L'Association des chemins de fer du Canada
partagent une même détermination à l'égard de la sécurité de l'exploitation
des trains, et ils sont parmi les plus sûrs en Amérique du Nord
», déclare M. Di Tota. Il y a un certain nombre de raisons à cela,
sans compter que les longs rails soudés et les roulements à rouleaux
des essieux de wagons nécessitent moins d'entretien, et qu'une
métallurgie améliorée a prolongé la vie utile des rails.
Posés maintenant en tronçons d'un tiers de kilomètre et soudés
de telle sorte que la longueur totale peut atteindre 16 km, les
rails sont posés également sur une plus grande partie de la voie
principale et de la voie principale de deuxième catégorie. Pour
surveiller l'état de la voie, les chemins de fer ont mis en service
des engins de contrôle de l'état géométrique de la voie perfectionnés,
qui ont recours à des capteurs ultrasoniques de pointe et à l'informatique
pour inspecter la voie dans des conditions de charge simulées.
La commande centralisée de la circulation et les dispositifs
de surveillance électroniques de la sécurité contribuent également
à rendre les chemins de fer plus sécuritaires. Les détecteurs
thermiques de voie, par exemple, balayent les essieux des trains
qui passent pour détecter la surchauffe des roulements à rouleaux,
qui peut causer un déraillement.
« Ces améliorations techniques, et un personnel mieux formé,
continuent à améliorer encore la fiche de sécurité déjà remarquable
des chemins de fer », poursuit M. Di Tota. « Le secteur du transport
par chemin de fer est très conscient de ses responsabilités à
l'égard des collectivités qu'elle dessert et à l'égard de sa clientèle,
qui exige que ses marchandises soient livrées sans dommages et
avec la fiabilité voulue ».
Personnes-ressources:
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